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Dans les années 1950, alors que les rumeurs de mystérieux OVNIs circulaires survolant le territoire américain battent leur plein, le gouvernement des Etats-Unis, à peine 10 ans après les évènements inexpliqués de Roswell, se met lui-aussi à rêver de soucoupes volantes. La déclassification de plusieurs rapports d'époque lève le voile sur le Project 1794, et les espoirs américains de construire alors une véritable flying saucer, de conception bien humaine celle-là, pour révolutionner le petit monde de l'aéronautique.

Un rapport déclassifié révèle le projet de soucoupe volante des USA

Le programme se prenait alors à rêver à des caractéristiques techniques effarantes pour l'époque. L'engin, capable de voler à 100 000 pieds (30km d'altitude), devait pouvoir atteindre une vitesse comprise entre Mach 3 et Mach 4. De quoi rallier la distance Paris-New York, alors mètre-étalon des longs courriers, en à peine une heure et demi. Pour comparaison, 20 ans plus tard, la vitesse de croisière du supersonique Concorde sera de Mach 2,02. Outre cela, et c'est les points visiblement les plus importants pour les concepteurs, l'appareil devait alors pouvoir effectuer des décollages verticaux, et surtout permettre d'effectuer des déplacements en vol non-linéaires.

Plan du projet

Un rêve de science fiction

Autant de caractéristiques techniques dignes d'un film de SF : le principe de vol non-linéaire, à l'époque, étant réservé aux soucoupes volantes, les vraies, celles du cinéma populaire d'Ed Wood ou des témoignages d'ufologues amateurs. Le décollage vertical, aujourd'hui répandu grâce aux progrès des hélicoptères, en est alors à ses balbutiements. Quant à la vitesse présumée de Mach 4, aujourd'hui encore, le record de célérité d'un avion à réaction reste de (seulement) Mach 3,5 ! Alors qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête des dirigeants américains pour allouer à ce projet utopique pas moins de 3,168 millions de dollars (l'équivalent de 25 millions actuels en tenant compte de l'inflation) ?

Incompétence ? Tentative de reverse-engineering sur une technologie extra-terrestre ? Ou plutôt désinformation à l'heure où les tensions avec le bloc soviétique commençaient à se durcir ? Même si j'avoue un certain penchant pour cette troisième thèse, nous ne le saurons sans doute jamais, puisque Avro Aircraft Limited, la compagnie canadienne en charge du développement, stoppera finalement ses efforts en 1960, en ayant tout juste construit un prototype capable de s'élever de quelques mètres au dessus du sol.

Restent quelques plans, et du rêve.


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